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Histoire de la Bibliothèque Municipale

En juin 1981, la bibliothèque municipale de Cherbourg est devenue la bibliothèque Jacques Prévert au moment de son transfert dans le Centre Culturel, rue Vastel.
La ville souhaitait ainsi honorer la mémoire de celui qui décida de terminer ses jours à Omonville-la-Petite, petite commune de la Hague située à 20 km de Cherbourg-Octeville.

Adossé au théâtre municipal construit en 1882 et classé monument historique, le Centre Culturel de Cherbourg-Octeville est au cœur de la ville.
Il regroupe la bibliothèque‚ répartie sur trois niveaux, le musée Thomas Henry, l'artothèque et les Galeries du Théâtre, salles d'exposition d'art contemporain, gérées par l'association Théâtre de Cherbourg - Scène Nationale.

© Ville de Cherbourg-Octeville
Façade du Centre Culturel

 

En 1986 une bibliothèque-annexe a été construite dans le quartier de l'Amont-Quentin, elle propose près de 14 000 documents imprimés et 2000 documents sonores, deux postes multimédia et mène une politique d'animation envers tous les publics de l'agglomération.

  • Les collections

Outre les 120 000 documents d'accès direct tous supports confondus proposés au public, la bibliothèque possède un riche - et hétéroclite - fonds patrimonial : livres sur papier et manuscrits sur vélin évidemment, mais aussi livres sur vélin manuscrits sur feuille de palmier, médailles et monnaies, assiettes commémoratives, livres-objets, photos anciennes, cartes postales, cartes, plans, estampes relatives ou non à l'histoire locale, menus de repas organisés pour célébrer l'alliance franco-russe...

 

 

> La bibliothèque du District

© Ville de Cherbourg-Octeville
Un herbier de 1774.

En application du décret de la Convention du 8 pluviôse an II qui exigeait "la création d'une bibliothèque publique dans chaque district", le District de Cherbourg créa une bibliothèque au 24 de la rue Tour Carrée.

Le fonds était constitué de 1850 volumes confisqués aux émigrés et déportés, auxquels furent ajoutées trois caisses d'ouvrages saisis sur un navire qui conduisait des émigrés en Angleterre.

Cette première bibliothèque n'intéressa guère le public en raison de la nature presque exclusivement théologique de son fonds. Elle disparut en 1795 avec le District et les livres furent oubliés dans les greniers de la maison commune.

 

> La bibliothèque au XIXe siècle

  • L'acquisition de la collection Duchevreuil

En 1831, la Ville de Cherbourg achète la bibliothèque et le cabinet d'histoire naturelle d'Henri-François Duchevreuil, décédé en 1830, antiquaire - c'est-à-dire archéologue - et érudit local. Elle décide de créer, outre un musée rassemblant les collections archéologiques, une bibliothèque publique. 1600 ouvrages de qualité‚ dont un remarquable livre d'Heures à l'usage de Rouen (1500-1510) viennent s'ajouter à ce qui reste de l'ancienne bibliothèque du District.

La première véritable bibliothèque municipale de Cherbourg ouvre à la fin de l'année 1832. Elle compte 2 288 volumes.

  • Les locaux

Au fil des années, les locaux affectés à la bibliothèque en 1832 s'avèrent exigus. 

En 1855, elle est transférée rue de la Paix, dans l'aile gauche de l'Hôtel de Ville.

Un nouveau transfert a lieu en 1896 au 9 de la rue Thiers (actuellement rue Paul Talluau) où se trouvent toujours les Archives Municipales. Ce dernier transfert qui était depuis longtemps envisagé‚ mais sans cesse repoussé, fut pratiquement improvisé à l'occasion de la venue à Cherbourg du Président de la République et du tsar Nicolas II... Il fallait récupérer dans l'Hôtel de Ville des locaux susceptibles d'accueillir ces hôtes de marque.

 

> L'accroissement des collections au cours du XIXe siècle

© Ville de Cherbourg-Octeville
Augustin Asselin

Le XIXe siècle voit un considérable accroissement quantitatif et qualitatif des fonds de la bibliothèque : achats opérés grâce à des budgets d'acquisition en accroissement, dons de l'Etat (notamment la première édition (1809-1826) de la Description de l'Egypte), dons de généreux particuliers, legs de grande valeur dont les deux plus importants sont ceux d'Augustin Asselin et Jérôme-Frédéric Bignon du Rozel.

 

En 1844, Augustin Asselin, homme politique sous la Révolution et l'Empire, maire de Cherbourg, antiquaire, collectionneur et érudit local, lègue à sa ville natale un fonds de 2 963 documents très précieux dont le plus ancien manuscrit de la bibliothèque : De bello iudaico de Flavius Josephe, antérieur à 844. Il offre également plusieurs incunables.

 

Autre généreux donateur, Jérôme-Frédéric Bignon, descendant d'une longue lignée de bibliothécaires des rois de France et de botanistes. Il termina sa vie au Rozel, petite commune située à 35 km de Cherbourg-Octeville sur la côte Ouest du Cotentin. En 1877, il offre par testament à la bibliothèque de Cherbourg, un très riche fonds de 260 ouvrages:
"Ne voulant pas que ces fractions de ma bibliothèque dans laquelle ces ouvrages rares et précieux se trouvent soient peut-être vendus un jour à venir ; préférant à ce mode, que les amateurs curieux de ce genre de richesses puissent en profiter en ce pays, je fais ce legs à la bibliothèque de Cherbourg sans la moindre condition."

 

Ce fonds est constitué de documents relatifs à la Normandie et surtout de somptueux livres de botanique : édition hors commerce des célébrissimes Roses de Redouté et Thory, les moins connues mais plus rares Liliacées des mêmes Redouté et Thory, un ensemble de trois recueils de gravures in-folio aux armes de Louis XV "319 plantes gravées par ordre du Roi (...) donné par le Roy à Monsieur Bignon, 1773", ...

 

En 1905, selon le bibliothècaire-archiviste Gustave Amiot qui en a dressé l'inventaire dans un catalogue, les collections de la bibliothèque sont composées de 31 894 volumes, 335 manuscrits et 24 incunables.

La bibliothèque de Cherbourg peut s'enorgueillir d'un fonds ancien bien équilibré : la religion évidemment avec nombre de Bibles de valeur dont une imposante et luxueuse Bible de Luther, l'histoire et la géographie avec d'anciennes et rares éditions de Diodore, Hérodote et Pausanias, le droit dont plusieurs éditions du XVIe siècle et un Coutumier de Normandie imprimé à Rouen vers 1500. Du riche fonds scientifique mentionnons quelques ouvrages du XVIe siècle : une édition de 1561 du De re metallica d'Agricola, un ouvrage d'anatomie de 1545 : De Dissectione partum corporis humani de Charles Estienne, deux livres d'Apianus : Quadrans astronomicus de 1535 et Horoscopion generale de 1533... Quant à la littérature, à signaler un Songe du vergiez de 1499 édité par Jehan Petit, un Romant de la Rose paru en 1521...

 

> La bibliothèque au XXe siècle

Le début du XXe siècle marque le véritable essor de la lecture publique à laquelle s'intéressent désormais les élus. Elle se traduit par une augmentation de l'activité des bibliothèques et un accroissement notable de leurs collections. Comme partout en France, c'est le cas à Cherbourg où, parallèlement, dons et legs continuent à se succéder.

  • Le legs Vautier

Ce grand collectionneur aux goûts bibliophiliques éclectiques lègue les 20 000 volumes de sa bibliothèque à la Ville de Cherbourg en 1927. Nous ne mentionnerons que les deux fonds les plus spectaculaires de son legs : des ouvrages de voyage et d'exploration des XVIIIe et XIXe siècles et un ensemble de recueils gravés ou édités par les Piranese dont plusieurs éditions originales.

 

> La bibliothèque municipale Jacques Prévert

© Ville de Cherbourg-Octeville

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la bibliothèque poursuit son activité et communique ses fonds, à l'exception des ouvrages interdits par les listes Otto. Les ouvrages les plus précieux sont transférés en 1941 au château de Rigny-Ussé dans l'Indre. Ils reviendront à Cherbourg à la fin de l'année 1946.

La lecture publique ne compte pas parmi les priorités absolues de l'immédiate après-guerre et l'activité des bibliothèques ne connaît un nouvel élan qu'au début des années 1950.

Les locaux de la rue Thiers sont de moins en moins adaptés à un afflux croissant d'usagers. La décision de transférer la bibliothèque est prise en 1974. 

Les anciennes halles situées derrière le théâtre sont détruites et le Centre Culturel s'érige peu à peu sur cet emplacement. La bibliothèque sera le premier service municipal à s'y installer en juin 1981.

 

© Ville de Cherbourg-Octeville
Entrée du Centre Culturel

Voir aussi

 

> Théâtre, scène nationale

 

> Histoire du Théâtre

 

> Personnalités d'hier

 
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