Le Musée Thomas Henry,
un musée "idéal" pour Millet En 1833, Millet découvre la ville, la peinture, et c'est à Cherbourg. Or, Cherbourg à cette époque n'est pas une ville ordinaire : c'est le lieu de grands travaux, c'est aussi le lieu d'une aventure culturelle peu connue.
La donation de Thomas Henry est en cours depuis 1831, la diligence amène de Paris des tableaux de Maîtres anciens et modernes, que l'on accroche alors à l'Hôtel de ville. L'enthousiasme du Maire entraîne cette ville nouvelle en pleine expansion dans un projet ambitieux.
 Jean-François Millet |
Thomas Henry était comme Millet un normand monté à Paris. Comme lui, il vient d'un milieu modeste, et pourtant la vocation artistique est impérieuse et, à trente ans passés, il rêve d'entrer dans l'atelier de David et finit par rentrer chez son rival Jean-Baptiste Regnault. Devenu peintre, et peintre de talent, il devient expert et en 1816. Lorsque Dominique Vivant-Denon quitte le Louvre, le comte de Forbin s'entoure de trois experts, Thomas Henry, recommandé par Denon, en fait partie. Il reste commissaire expert des Musées royaux jusqu'à sa mort en 1836. Il se constitue une collection de Maîtres anciens et modernes. En 1831, il a l'idée, comme Fabre à Montpellier, de transformer sa collection en musée dans sa ville natale.
Quelle peut être la motivation d'un tel acte ?
D'abord, la disparition de ses enfants qui le prive de ses héritiers naturels. Ensuite il est motivé par son idéal humaniste. Il se souvient de sa vocation artistique dans une ville dépourvue alors d'œuvres d'art significatives et c'est là que son projet rejoint de très près le chemin de Millet. Pour lui, et pour beaucoup de sa génération, le rôle essentiel du musée est de proposer de bons exemples aux personnes et surtout aux jeunes attirés par la pratique des arts. Le Musée est l'école. D'ailleurs le règlement de 1837 publié par le Maire Noël Agnès fait la part belle aux étudiants puisque le musée leur est réservé du lundi au samedi.
Pour Millet, l'accès à la collection de Thomas Henry puis, au Musée constitue une chance. Son condisciple Menant témoigne de l'énergie de Millet à copier les tableaux du Musée. Le registre du gardien du Musée où étaient inscrits les copistes et les numéros des oeuvres du catalogue qu'ils étaient autorisés à copier est significatif : en deux ans, Millet copie plus que tous les autres et il copie plus que ses deux professeurs, maîtres reconnus, Du Mouchel et Langlois.
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| C'est en s'appuyant sur ses dessins de Millet, dont une copie de Murillo, que Langlois obtient du Conseil municipal de Cherbourg une pension pour permettre à Millet de continuer une formation déjà bien avancée à Paris. C'est de ces copies, dessinées à l'échelle supérieure à l'original de L'Adoration des Mages de Jordaens, que Millet emmène avec lui à Paris. Elles lui valent les éloges de Georges, commissaire-expert, successeur de Thomas Henry au Louvre !
Millet continue d'ailleurs la pratique des grands dessins d'après les Maîtres quand il arrive à Paris où ce qui le motive, avant tout, c'est le Louvre, déçu par la Ville de Paris. Il donne au Musée, La Sainte famille d'après Raphaël exécuté à Paris. Cette pratique de la copie d'après les Maîtres anciens continue jusque dans les années 1860, lorsqu'il collectionne gravures et photographies des oeuvres des grands maîtres.
En sus du grand dessin d'après Raphaël, le Musée a reçu en 1915 deux peintures inspirées de tableaux du Musée et restées en possession de la famille de sa première épouse. Ces deux peintures sont très instructives, l'une est la copie de La justice de Subleyras où l'on reconnaît bien toute la composition mais où Millet apporte déjà une touche vigoureuse et rustique. Une autre, Les bergers d'Arcadie, où Millet n'a conservé que le motif central d'une petite bergerie de Taunay pour élargir dans une vaste composition. Millet, en peinture, s'affranchit plus qu'en dessin de ses modèles. La force des modèles du Musée de Cherbourg est aussi très présente dans la Sainte Barbe du Musée d'Angers dont la composition est inspirée de L'Assomption de Champaigne. Mais le plus émouvant témoignage de l'impression des œuvres du Musée Henry sur Millet est le portrait de Pauline Ono en déshabillé, peinture réalisée à Paris de 1843 à 1844 et dont pourtant la composition est étroitement liée au portrait de Dame hollandaise de Hanneman. Ce portrait, dont Millet avait gardé la mémoire et probablement quelques croquis, semble avoir été la base de la composition du Portrait de Pauline Ono en déshabillé, portrait de moribonde. Il est troublant de comparer au portrait réalisé par le maître Delaroche de sa jeune épouse sur son lit de mort en 1845.
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 Autoportrait | La collection de Thomas Henry est aussi l'occasion pour Millet d'apprendre l'anatomie en contemplant des académies. Bien sûr, il peut étudier la superbe Académie de nu de David mais aussi l'étrange Apollon et Hyacinthe. L'atelier de Houdon par Boilly, pouvait initier Millet à l'ambiance de ces ateliers où les jeunes artistes apprenaient par la copie et l'étude du modèle. De 1833 à 1837, Millet a assidûment étudié la collection du Musée. Dans une lettre de 1838, il montre toujours la même passion pour l'art des musées lors de l'ouverture de la Galerie Espagnole du Louvre à Paris. Encore aujourd'hui, il importe, en visitant le Musée d'avoir très présent le caractère très concerté, témoignage d'un goût subtil de la collection initiale. La collection du Musée a permis à Millet dès son premier contact avec l'art d'avoir une vision très complète de l'histoire de l'Art. Particulièrement important a été la présence de tableaux du XVe siècle et l'abondance des œuvres des écoles du Nord. D'autre part, le choix de Thomas Henry parmi les peintres de sa génération de ceux qui autour de David sont les tenants du classicisme, la vision pittoresque des petits maîtres troubadours, orientalistes donnait à Millet l'occasion de faire ses choix. Ses choix le portent avant tout vers l'art ancien : sur 36 copies dont on a mention, seule la Femme en pleurs de Couder est une œuvre d'un artiste vivant !
C'est le "petit Louvre" qui a marqué Millet. Cependant le Musée de Cherbourg a évolué depuis les années 1833-1845 où Millet le fréquentait. C'est d'ailleurs en 1844 que le Musée voit la première donation importante après Henry, celle d'une dizaine d'œuvres par le capitaine Troude, qui avait déjà facilité l'arrivée à Cherbourg d'une momie expertisée par Champollion et d'un étonnant Cratère du VIIIe siècle avant Jésus Christ trouvé à côté de la Vénus de Milo ! On trouvait dans cette donation un joli tableau de Vallin La Tentation de Saint Antoine qui a pu inspirer Millet pour son propre tableau. Lorsque Millet revint à Cherbourg pour de longs séjours, en particulier en 1854 et surtout en 1870-71, il put voir de nombreuses acquisitions en particulier des paysages de la région peints par Jean-Louis Petit à la demande de Louis Philippe vers 1838-39. Le nouveau catalogue du Musée publié en 1870 comportait 222 numéros dont le Moïse n° 202 et la Vierge d'après Raphaël n°203.
Quelle réflexion pouvait se faire Millet devant deux de ses œuvres exposées dans le Musée ? En tout cas, on sait qu'il fit visiter le Musée à plusieurs amis venus le voir à Cherbourg. Ce long séjour de août 1870 à novembre 1871 a été l'occasion pour Millet, de se replonger avec passion dans les paysages de " son endroit " et de confirmer son goût pour un certain archaïsme.
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 Armand Ono, l'homme à la pipe | C'est en 1914-1915, seulement, que le Musée reçut la collection Ono qui reste le fonds de sa collection d'œuvres de Jean-François Millet. Millet aurait souhaité revenir chaque été à Gréville mais la mort l'en empêcha. Plusieurs membres de sa famille continuèrent à fréquenter leur pays d'origine : Jean-Baptiste Millet, le frère et disciple mais aussi François Millet, le fils aîné que son père avait associé à son travail. C'est cependant un neveu par alliance, le docteur Ono, fils d'Amand Ono L'Homme à la pipe qui eut ce geste généreux : léguer à la ville de Cherbourg la totalité de ce que sa famille avait gardé de Millet y compris la lettre d'octobre 1844 par laquelle Millet saluait la venue au monde de son neveu à Saint-Malo.
C'est à Saint-Malo qu'en 1884, le peintre graveur Félix Buhot découvrit la collection d'œuvres de Millet conservée par la famille Ono et tenue secrète. Le fils Ono sensible à l'intérêt porté à ces oeuvres, persuada ses parents de prêter trois portraits à la première rétrospective de Millet de 1887. Cette collection d'œuvres comprend avant tout une série de portraits de la famille Ono et alliés, dans lesquelles on voit l'évolution du talent de Millet portraitiste entre 1840 et 1844. Le contraste entre les portraits de Pauline et Amand est très éclairant sur la maturation de Millet. Il devient, en effet, un maître du genre dans la période 1843-1845. Le rapport intime qu'il a avec Pauline rend la peinture de 1840-41 beaucoup plus abouti que celle d'Amand ; mais en 1844 le portrait de celui-ci après la sublime icône de la morte respire la force de la vie, à tel point que l'on pût y voir un autoportrait de Millet.
A la suite de ces figures, où pour la première fois, Millet atteint l'expression absolue de son talent, il renonce au portrait après une série de commandes réalisées au Havre. A Paris comme à Barbizon, il n'y a presque plus de portraits en tant que tels. C'est donc à Cherbourg grâce à cette galerie de famille mêlant de simples relations, comme une tante de Pauline, à des êtres très proches de l'artiste, qu'on peut vraiment apprécier cet aspect du talent de Millet.
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 Pauline Ono | Cependant le don Ono comprenait aussi un lot de petites œuvres laissées comme une trace des successifs apprentissages. On y trouve des études dans l'esprit du prix de Rome : La lapidation de saint Etienne, Le Conteur arabe. Une académie de nu brossée dans l'atelier de Delaroche, témoigne de la science de l'anatomie acquise à Paris. Et puis quelques œuvres de "la manière fleurie", influencées par l'art du XVIIIe siècle : Un petit génie de la peinture qui n'est pas sans rapport avec l'Antoinette Hébert au miroir. Et surtout, un des tout premiers pastels de Millet, une étude de Bergère filant conservé avec la version peinte ; et puis une œuvre atypique totalement libérée de tout modèle, esquisse sur papier peut être brossée sur le site ; Et oh surprise, c'est "la montagne Sainte Victoire" de Millet. Le Castel Vendon à Gréville, ce rocher pyramidal que l'on voit toujours au bout du hameau de Gruchy. C'est le premier paysage de Millet, réalisé entre 1840 et 1844 ; or ce paysage est construit avec une touche "cézannienne" alors que Cézanne est à peine né!
[…] A Cherbourg, l'artiste enfin n'est pas isolé de son environnement. Dès que l'on sort du musée, on retrouve la mer, cette mer qu'il a si bien exprimée dans les paysages de la fin de sa vie. Cette mer qui se retrouve parfois même dans certains arrières plans composés à Barbizon.
Du Musée, de la ville un pèlerinage s'impose, un itinéraire à rebours qui nous ramène de l'œuvre de Millet à ses sources en retournant au village. C'est là, à quinze kilomètres de Cherbourg que, entre Landemer et Omonville, on retrouve ce paysage, cette nature sauvage qui correspond au fond du caractère de Millet.
Le Chemin de Millet est donc la traduction de l'expérience du Musée de Cherbourg autour de Millet.
Jean-Luc Dufresne,
extrait du catalogue du " Chemin de Millet "
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En 2001, l'acquisition d'une œuvre majeure de Jean François Millet |
 Présentation de "La Charité" au Musée |
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De la Hague à Cherbourg
Millet, l'enfant du pays.
"Mon village se trouve dans un petit pli de terrain aboutissant à la mer, vis-à-vis du nord. Cette espèce de petit vallon, si peu creux qu'il soit, l'est suffisamment pour empêcher un passant étranger de soupçonner qu'il y a un village; et d'autant que le chemin qui y arrive du côté de la terre est très creux et d'une largeur (comme du reste ceux du pays) que strictement ce qu'il faut pour qu'une charrette puisse y passer. On a donc, ou à peu près, connaissance de ce village, quand on se trouve dedans. Il ne contient guère que 20 à 25 feux.
Les maisons sont presque bâties à hauteur de chambre et, à l'exception d'une maison couverte en ardoises, toutes sont couvertes en chaume.
La maçonnerie de ces maisons est en pierre brute, mais les jambages des portes et des fenêtres avec leurs linteaux sont en granit qu'on trouve dans l'endroit.
C'est une chose bien rare de voir dans ce village, quelqu'un n'étant pas de l'endroit. Ce lieu est si solitaire et tranquille que le cri d'une oie ou le caquet d'une poule, y prennent une importance immense.
La vue est là, toute naturellement bordée par les maisons, et ce n'est qu'en arrivant par le bout qui est près de la mer qu'on a d'un seul coup, face à soi, la grande vue marine, et l'horizon sans bornes.
Auprès de la maison, on voit un vieil orme, qui se dresse sur le vide infini. Depuis combien d'années, ce pauvre arbre est-il battu par le vent du nord? J'ai ouï dire par les anciens du village qu'ils l'ont toujours connu comme je l'ai vu "…
 Le manoir du Tourps à Omonville |
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C'est ainsi que Jean-François Millet décrivait Gruchy, son hameau natal, situé au plein cœur de la Hague à une vingtaine de kilomètres de Cherbourg.
C'est en effet là qu'il naît le 4 octobre 1814 dans une famille de paysans S'il participe aux travaux agricoles, très vite son goût pour les études et le dessin apparaît. Avec comme précepteurs les prêtres de sa paroisse, il forme son esprit dans la Bible, mais surtout à la lecture de Virgile. A la poésie antique, il trouve de troublantes correspondances avec les paysages de la Hague. Ceux de son environnement proche. Son petit territoire cette langue de terre entre Gruchy et Landemer dont les flans arides et dentelés s'enfoncent dans la mer. Décors solitaires, bousculés par les vents où les paysans s'acharnent à tirer de la terre leurs maigres ressources.
C'est un territoire âpre, dur et grandiose qui va former l'esthétique, l'âme, du petit paysan. Adolescent, son choix est fait. Il veut être peintre.
Cette idée, qui pourrait dans son milieu social passer pour excentrique, est tout de même acceptée sans trop de réticence.
Et en 1832, son père se rend à Cherbourg avec son jeune artiste de fils, pour faire évaluer quelques-unes unes de ses œuvres à Dumouchel, célèbre peintre sur la place et ancien élève de David. Le peintre l'encourage et lui donne ses premières leçons. Millet découvre la collection de Thomas Henry, dont le musée municipal vient d'acquérir le legs. Il étudie les œuvres, les recopie inlassablement.
C'est ainsi que Jean-François Millet entre en peinture. Mais trois mois plus tard, son père décède. Le jeune garçon, aîné de la famille retourne au village où il doit prendre en charge la maisonnée. Mais son destin est ailleurs.
Encouragé par toute sa famille, six mois plus tard, il retourne à Cherbourg et continue son apprentissage auprès d'un ancien élève de GROS : Langlois de Chevreville. En 1837, doté d'une bourse attribuée par la ville de Cherbourg, Jean-François Millet " monte " à Paris, pour s'inscrire au cours de Paul Delaroche, qu'il délaissera très vite. Cette fois-ci, il se frotte aux grands maîtres dont le musée du Louvre et celui du Luxembourg lui offrent un splendide échantillonnage…
Il reviendra alors de manière épisodique en terre natale. Et c'est lors de ces retrouvailles qu'il se fera le portraitiste, de nombre de ses relations.
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 Paulinie Ono |
En 1841, il épouse Pauline Ono, à Cherbourg, une petite femme frêle et fragile qui décèdera trois ans plus tard à Paris… Le portrait de Pauline est sans doute l'une de ses plus belles œuvres de cette époque.
De retour à Cherbourg, il rencontre quelques mois après son veuvage Catherine Lemaire, dont il fait sa compagne et avec qui il aura neuf enfants. Avec elle il part pour le Havre et ensuite pour Paris. En
1849 il s'installe à Barbizon.
Il reviendra de moins en moins dans le Cotentin. Il passe l'été 1854 à Gruchy, un an après avoir épouser civilement sa compagne. Une période pendant laquelle il réalise de nombreuses œuvres. Il ébauche le Hameau Cousin, et peint La maison de Gruchy, Le puits de Gruchy, Gruchy vu du côté de la mer, la Gardeuse d'oies, La traite des vaches, dessine La récolte de Varech etc.
Il revient en février 1866 lors du décès de sa sœur. De ce passage, il laissera Le puits sous la neige.
Fuyant la guerre Franco-prussienne, il revient fin août 1870 avec toute sa famille à Cherbourg. Au printemps 1871, la Commune de Paris ne l'incite pas à reprendre le chemin de la capitale. Il ne quittera définitivement le Cotentin qu'en novembre 1871.
Pendant ces quinze mois le peintre aura fait moisson de thèmes et, dans la douleur physique et morale exécute quelques toiles d'une étonnante intensité, dont La mer sous Gruchy est sans doute la pièce la plus marquante.
Sans ressource, isolé des marchands d'art, il est pendant cette période acculé à vendre la maison de Gruchy à son frère, pour répondre aux besoins familiaux.
Lorsqu'il rentre à Barbizon, il ne lui reste que trois années à vivre. Il rêve de revoir son pays. Alors il peint des sujets normands…
Le 3 janvier 1875, très affaiblit, Millet épouse religieusement Catherine Lemaire. Ses forces l'abandonnent peu à peu et le peintre s'éteint au petit matin le 20 janvier.
Extrait du livre de Dominique Gros,
La Hague de Jean-François Millet |
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> Extrait du livre de Dominique Gros, La Hague de Jean-François Millet
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