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Salle Guillaume Fouace

Une nouvelle salle pour le musée
depuis le dimanche 7 novembre 2004

GUILLAUME FOUACE
(Réville 1837- Paris 1895)

© Seyve
Déjeuner de carême

 

"La Hague a eu Millet. Le Val-de Saire a eu Fouace. Ce n’est pas sans attention que je rapproche ces deux noms de pays et ces deux noms d’hommes. Avec un fond commun : leur climat ; avec des qualités communes : la force, la sincérité, la largeur de touche, les deux compatriotes sont cependant sensiblement différents."

                                                       Auguste Lebrun

 

Suite à la création de la salle Chemin de Millet en 2002, le musée Thomas-Henry poursuit ses efforts de redéploiement et de mise en valeur de ses collections avec l’ouverture d’une salle consacrée à Guillaume Fouace (1837-1895). La trentaine d’œuvre présentée, associée aux œuvres de Millet, occupe l’ensemble du premier étage formant ainsi, un espace dédié aux élèves du musée. Comme Millet, Guillaume Fouace a fait ses premières armes en étudiant et copiant la collection de la donation Thomas-Henry.

 

© Ville de Cherbourg-Octeville

Née en 1837 à Réville, près de Cherbourg, et très apprécié pour ses natures mortes, Guillaume Fouace participe brillamment à la vie artistique parisienne entre 1870 et 1895. Guillaume Fouace n’adhère pas aux tendances impressionnistes de son siècle même si sa touche et sa matière s’en rapprochent, comme Millet son compatriote, il reste avant tout un réaliste de naissance, de nature et d’instinct. Peintre-paysan à la vocation tardive (il ne fréquente l’atelier d’Adolphe Yvon qu’à l’âge de trente ans), Guillaume Fouace est impressionné à ses débuts par l’Ecole flamande et excelle dans l’art de composer d’harmonieuses natures mortes avec quelques objets simples dont le contact quotidien lui a appris la familiarité.

 

Le succès de ses natures mortes aux Salons de Paris, de Bordeaux, Lyon ou Nantes, reflète, en cette fin du XIXe siècle, l’aisance et la sincérité de l’artiste, mais aussi le goût du public contemporain pour un genre immuable et savoureux : celui de la mise en scène des produits du terroir. Précises et satinées, la plupart des natures mortes de Guillaume Fouace ressemblent à des études de petites dimensions qui suffiraient à elle-même. Homard, raisins, poissons, pièces de gibier, soupière… reviennent dans l’œuvre de Fouace comme des variations –quasi sérielles- sur un thème gourmand. Un fond sombre et uni, comme celui des portraits classiques, les met remarquablement en valeur.

  

Dans ce genre dit accessoire, Fouace évite l’anecdote et se distingue par les vertus que l’on attribue volontiers au peintre paysan : la grande simplicité de sa composition et de sa technique, son regard fixé sur la réalité sans artifice le rendent très proche du dépouillement de la sensibilité moderne. Le métier académique, appris tardivement, est révélateur de l’objet dans sa rusticité, objet de peinture pure.

 

© Ville de Cherbourg-Octeville

Ces natures mortes témoignent également d’une véritable physiologie du goût et sont incontestablement liées aux plaisirs de la table et aux règles du bien-manger en vigueur au XIXe siècle. Une vitrine de la salle Guillaume Fouace reconstitue la table d’un amateur d’art et de gastronomie, ainsi toiles et modèles se trouvent réunis (c’est aussi un clin d’œil à la grande rétrospective organisée au musée Thomas-Henry en 1995, événement qui a permis une réévaluation et une nouvelle approche de l’œuvre de Fouace).

 

"Sauvons-nous, la tentation est trop forte ;

il nous prend envie d’en  manger !"

                           Le Bien public, 25 juin 1890

 

Il serait réducteur de résumer l’œuvre de Guillaume Fouace à ses natures mortes. La collection réunie au musée Thomas-Henry dévoile un Fouace autre : portraitiste au regard aiguisé, ainsi qu’en témoignent les deux portraits de femme ou son autoportrait ; observateur nostalgique de la vie rurale à travers des scènes de genre comme La dernière fileuse de mon village. La collection du musée atteste également d’une vraie sensibilité aux paysages, essentiellement marins et souvent animé de personnages. L’accrochage de cette collection permet de dresser un panorama sensible et complet de l’œuvre de Fouace, aboutissant autour du Gisant de sa fille Béatrice, unique témoignage sculpté d’un Fouace, père de famille meurtri.

Benjamin SIMON 

 

 © Seyve
Fruits, bouteille et faïence
 
 © Seyve
La plage de Réville
 
 

© Ville de Cherbourg-Octeville
Guillaume Fouace (1837-1895)
 
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