> Histoire de la gare maritime et ferroviaire transatlantique Grâce à son intérêt esthétique, la Gare Maritime de Cherbourg figure assurément parmi les édifices ferroviaires français les plus élégants du XXe siècle avec ceux de Limoges et de La Rochelle. Par l’ampleur de ses dimensions, elle peut aussi se mesurer aux grandes références architecturales de l’époque en Europe, les gares de Milan et de Leipzig.
Sa construction répond à un impératif précis : faciliter le transit des nombreux passagers des paquebots transatlantiques. Florissante durant la Belle Époque, cette activité majeure du port reprend sur une plus grande échelle après la Première Guerre Mondiale.
A partir de 1920, Cherbourg s'impose comme un des ports majeurs de départ des émigrants, direction le Nouveau monde. En 1922, près de 50 000 d'entre eux, provenant notamment d'Europe de l'Est, choisissent Cherbourg pour embarquer vers New-York. Ils seront 200.000 en 1927 et 300.000 en 1929 avec 985 escales. Cherbourg devient le deuxième port français pour le transport de voyageurs, grâce à l'aménagement de son port en eau profonde.
Cependant, la première Gare Maritime, construite en 1912 face à l’Avant-port de commerce ne parvient plus à répondre à l’augmentation du nombre des escales. Ne pouvant entrer dans le Port, les paquebots doivent jeter l’ancre dans la rade, ce qui nécessite tout un système de navettes assuré par des transbordeurs.
Le Président de la Chambre de Commerce, Camille Théodore Quoniam (1875-1962), réussit alors à imposer son grand dessein : créer un port en eau profonde (conçu par l’ingénieur Minard), accessible à toute heure aux plus grands navires et complété par l’édification d’une gare monumentale capable de répondre aux exigences du trafic. Quoniam, capitaine au long cours, armateur, homme de grande culture et disciple de Charles Péguy, bénéficie en effet d’une personnalité d’exception sachant triompher des obstacles.
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L’architecte René Levavasseur et l’ingénieur Chalos sont chargés du chantier. Dans un premier projet, conçu en 1924, Levavasseur envisage la construction d’un bâtiment où l’élément décoratif domine largement et qui se rattache encore au style académique en vigueur au début du siècle, ce style "Beaux Arts" cher aux historiens d’art anglo-saxons. René Levavasseur est ébloui par l’exposition universelle des Arts décoratifs et industriels de 1925. Deux ans plus tard, la version définitive reflète l’évolution générale et la simplification des formes caractéristiques du style "Arts Déco".
L’ensemble comprend le hall transatlantique, bâtiment à étages auquel accèdent les passagers des paquebots grâce à neuf passerelles mobiles et regroupant tous les services nécessaires (salle de visite des bagages, salle des pas perdus bordée de boutiques, poste, bureaux des différents compagnies maritimes). Long de 240 mètres, le hall des trains constitue la partie la plus imposante de la gare : 34 arcs en béton soutiennent son immense toit de cuivre et de verre cathédrale. Alors dominée par un majestueux campanile d’une hauteur de 70 mètres, la Gare Maritime constitue à son achèvement l’une des réalisations françaises parmi les plus monumentales (largeur totale de la Gare Maritime : 93 mètres, prolongée de part et d’autre du bâtiment principal ; la galerie couverte de débarquement et d’embarquement longeant le quai d’accostage s’étend sur 500 mètres). La gare était en effet l’une des plus vastes constructions françaises après le palais de Versailles, avec 2 hectares de superficie. Côté transatlantique, deux paquebots pouvaient s’amarrer simultanément sur le quai de France, débarquer et embarquer plusieurs milliers de passagers en moins d’une heure. Côté ferroviaire, jusqu’à sept trains par jour, dans les deux sens, plaçaient Cherbourg à 3h15 de Paris-Saint-Lazare.
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Inauguré en 1933 par le Président de la République Albert Lebrun, le monument marque avec évidence une époque fondamentale de l’histoire de la ville. Levavasseur reconstruit l’édifice en partie détruit en 1944 et dont la nouvelle inauguration a lieu en 1952 en présence d’Antoine Pinay. Dès lors, durant une quinzaine d’années, la Gare Maritime vivra au gré des escales des paquebots dont les plus prestigieux, le Queen Mary et le Queen Elizabeth amèneront, entre autres célébrités, de nombreuses stars du cinéma américain.
Si aujourd’hui le développement des liaisons aériennes transocéaniques a tari depuis longtemps le flot des voyageurs, le charme profond qui se dégage de cette architecture puissante joue toujours.
Restaurée après les bombardements en 1944, mais désormais privée de son campanile et réduite de moitié, la gare cherbourgeoise, unique témoin de l'épopée transatlantique française, a failli être démolie une seconde fois dans les années 1970, jugée inadaptée face au développement des transports aériens et au déclin des grands liners. Mais l’opiniâtreté de quelques hommes a permis son inscription à l’inventaire des Monuments Historiques en 1989.
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Depuis 2002, après bien des vicissitudes - n’a-t-on pas démoli dans les années 80, les extrémités de la galerie de débarquement ainsi que la majeure partie de l’aile reconstruite après guerre ? - on a crée la Cité de la mer, musée maritime.
La nécessité d’un projet ambitieux pour réhabiliter le site ainsi que le démantèlement du sous-marin "Le Redoutable", premier submersible à propulsion nucléaire lanceur d’engins et fierté de la technologie cherbourgeoise, ont donné naissance à La Cité de la Mer, qui a ouvert ses portes en avril 2002. Vaste complexe ludique et scientifique dédié à l’aventure de l’homme sous la mer, La Cité de la Mer accueille aujourd’hui ses visiteurs dans l’ancien Hall des trains, réhabilité et aménagé pour de multiples services au public.
Son inscription à l’inventaire des monuments historiques témoigne s’il en était encore besoin, de l’importance que revêt aux yeux des connaisseurs la Gare Maritime au sein du patrimoine national.
Aujourd’hui, le port de Cherbourg-Octeville accueille encore les plus grands paquebots du monde. L’ex-France devenu Norway y fait escale en 1998. Le Queen Elizabeth 2 est un habitué des quais cherbourgeois.
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 Avril 2004 : escale du Queen Mary 2 |
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|  |  |  |  | > La gare maritime
en quelques chiffres
 © DR |
> Inauguration : 1933
> Superficie : 2 hectares
> Longueur du hall des trains : 240 mètres
> Largeur de la gare maritime : 93 mètres
> Hauteur du campanile : 70 mètres (détruit en 1944)
> Longueur de la galerie d'embarquement : 500 mètres
> Inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques : 1989
> Ouverture de la Cité de la Mer : 2002 |
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