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La Grande Rade

La création de la rade de Cherbourg-Octeville est, dans le domaine des grands travaux, une des plus grandioses entreprises du XVIIIe siècle.

Il s'agissait de créer sur 1 500 hectares la plus grande rade artificielle jamais construite.

© Ville de Cherbourg-Octeville
Le fort de l'Ouest

> Vue panoramique depuis la montagne du Roule <

 

En 1780, un officier de Marine, Louis le Couldre de la Bretonnière, propose de fermer la rade par un "rempart jeté à pierres perdues" de près de quatre kilomètres, sans attache avec la côte.

 

Le chantier est confié, en 1783, à un ingénieur des Ponts et Chaussées, futur auteur du Pont des Arts à Paris et grand spécialiste des ponts sur la Loire, Alexandre de Cessart, qui imagine l'idée d'une digue formée par la juxtaposition de quatre-vingt dix "caisses" en bois, en forme de cônes tronqués, de presque 20 mètres de haut et 50 mètres de diamètre à la base.

 

Ces cônes, préfabriqués sur la grève, puis remorqués sur le site, doivent être échoués et lestés de pierres.

 

Mais les tempêtes détruisent les caisses avant leur complet remplissage. Il faut abandonner le système et revenir aux "pierres perdues", c'est-à-dire au déversement de millions de tonnes de roches.

 

© Ville de Cherbourg-Octeville
L'île Pelée

Des carrières sont ouvertes sur le flanc oriental de la montagne du Roule.

 

En 1789, le soubassement situé à douze mètres de profondeur en moyenne et qui a une largeur de près de cent mètres à la base sur une longueur de 3 700 mètres est achevé.

 

Les travaux sont interrompus durant la période révolutionnaire. En 1802, Napoléon Bonaparte demande la reprise du chantier. Il ordonne en 1803 la construction d'un port de guerre de première classe.

 

L’arsenal s’étend sur 117 hectares. Commandé par une passe d’entrée de 64 mètres de large, le port militaire possède trois bassins :

  • l’Avant-Port dit port Napoléon,
  • le bassin Charles X
  • et le bassin Napoléon III.

L'avant-port dit port Napoléon (290 mètres sur 240) est mis en service en 1813 en présence de l'impératrice Marie-Louise d'Autriche. Le bassin Charles X (290 mètres sur 220) mis en chantier dès 1803 est achevé en 1829. Le troisième bassin, le bassin Napoléon III (420 mètres sur 220) sera construit entre 1836 et 1864. Il possède sept formes de radoub.

 

L’Arsenal construit des bâtiments de surface à voile, puis à hélices jusqu’à la fin du XIXe siècle. Dès 1898, il se spécialise dans la construction de sous-marins. Les premiers sont le Morse et le Narval. Depuis, plus de 91 bâtiments y ont été construits.

 

© Ville de Cherbourg-Octeville
Le fort Central

En 1853 seulement, la digue centrale est enfin achevée, avec son couronnement actuel en maçonnerie avec parements de granit. En 1860, sous l'impulsion de Napoléon III, la digue est pourvue de trois forts : le fort de l'Ouest, le fort Central et le fort de l'Est.

 

Par la suite, à la digue centrale, sont ajoutées une digue à l'Ouest partant de Querqueville et une digue à l'Est qui rejoint l'île Pelée.

 

Au début de ce siècle, une petite rade est aménagée à l'intérieur de la grande rade. La digue du Homet longue de 1 000 mètres est mise en place en 1914 et celle des Flamands en 1922.

 

> Le plan de la Grande Rade
© C. Petitpas/Ville de Cherbourg-Octeville
Cliquer sur le plan pour agrandir.
© Ville de Cherbourg-Octeville
Le fort de l'Est détruit par les résistants avant la prise de la ville par les Allemands en 1940.

 

 

> Télécharger un fonds d'écran de la Grande Rade
© Y. Guéret/Ville de Cherbourg-Octeville
Sur ce site :
>Quizz sur la grande rade

Ailleurs sur le web :
>Les forts de la rade sur Net Marine
Cherbourg-Octeville possède la plus grande rade artificielle au monde.

Commencée en 1783, la digue centrale est achevée en 1853.

En 1860, sous l’impulsion de Napoléon III, elle est pourvue de trois forts. Ces ouvrages, comme l’île Pelée et son fort, sont la propriété de la Marine Nationale qui en assure l’entretien.

 

© Ville de Cherbourg-Octeville

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