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Le Titanic, en escale à Cherbourg en avril 1912

Le célèbre paquebot fit escale à Cherbourg avant de sombrer dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. C'était alors une période de forte émigration vers le nouveau monde, et la grande histoire des transatlantiques, ces géants des mers, se confond avec celle de notre ville.

Trop souvent, on a oublié que le Titanic fit une brève escale en terre française. Parti de Southampton le mercredi 10 avril 1912 à midi, le nouveau palace de la White Star Line devait, quelques heures plus tard, toucher le port de Cherbourg et faire son entrée par la passe de l'ouest à 18h 30. Cette escale était tout de même importante pour la compagnie, car elle permettait ce jour là d'embarquer 274 passagers supplémentaires.

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© Ville de Cherbourg-Octeville

En 1907, à l'initiative de W. J. PIRRIE, ingénieur de la Compagnie de la Construction Navale, et de Bruce ISMAY, directeur de la White Star Line, est envisagée par cette dernière compagnie la construction de plusieurs paquebots de même type, pour faire face, notamment, à la concurrence de la Cunard Line.


Ces navires seront l'Olympic et le Titanic tout d'abord, puis plus tard le Britannic. Les plans des deux premiers sont approuvés par la direction de la White Star Line le 29 juillet 1908.

 

Deux jours plus tard, le 31 juillet, la signature d'une lettre-contrat officialise la commande de la construction.

 

Aux chantiers Harland et Wolff de Belfast, la mise en carénage de la quille de l'Olympic débute le 16 décembre 1908.

 

Le 31 mars 1909, c'est la quille du Titanic qui est mise en chantier. Les mises à l'eau sont effectuées pour l'Olympic le 20 octobre 1910, pour le Titanic le 31 mai 1911.

 

L'Olympic, premier paquebot de la série, fait son voyage inaugural en juin 1911 sous le commandement d'Edward J. SMITH.

 

© Ville de Cherbourg-Octeville

Cependant, la construction du Titanic se poursuit.

 

Janvier 1912 : Installation de 16 canots de sauvetage sur le pont. 3 février, le paquebot passe en forme de radoub. Le navire est presque terminé. Les essais en mer, prévus pour le 1er avril 1912, sont reportés au lendemain à cause d'une tempête. Ils sont donc effectués avec succès le 2 avril, à une vitesse de 18 nœuds.

 

Le Titanic quitte Belfast à 20 heures ce même jour avec un équipage réduit, pour rejoindre Southampton, où il arrive le lendemain à minuit. Du 4 au 10 avril 1912 sont réalisés divers préparatifs : embauche de l'équipage, le navire arbore son grand pavois, chargement des marchandises et des vivres, de 2 892 tonnes de charbon pour les soutes...

 

Le 10 avril 1912 le commandant BARTLETT est remplacé par le commandant Edward J. SMITH, dont le départ à la retraite devait s'effectuer à l'issue du voyage inaugural du Titanic.

 

Ce même jour, à 8 heures, l'équipage au complet fait un exercice de sauvetage sur le pont promenade, en utilisant les canots n° 11 et 15. A 9 h 30, les passagers des deuxième et troisième classes montent à bord, suivis à 11 heures par les passagers de première.

 

A midi, le Titanic largue les amarres et s'éloigne du quai. Un incident se produit alors, car les remous de l'énorme paquebot sont si violents que le New York en est comme aspiré vers lui, et des manoeuvres doivent être effectuées afin d'éviter une collision.

 

Enfin, le Titanic quitte le port de Southampton pour un trajet de 24 miles vers Cherbourg.

 

En provenance de Paris, le train paquebot transportant des passagers pour le Titanic arrive vers 16 heures en gare maritime de Cherbourg. Le paquebot est en retard. A 17 h 30 du fret est chargé sur le transbordeur Traffic, à bord duquel montent les passagers de troisième classe. Sur le Nomadic embarquent les première et deuxième classes.

 

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Il est 18 heures 30 lorsque le géant surmonté de ses quatre énormes cheminées arrive en vue de la côte normande. Dans la grande rade, deux transbordeurs l'attendent avec leurs chargements de voyageurs, de bagages et de sacs postaux.

 

La White Star avait fait construire ces deux navires spécialement pour assurer le trafic de ses passagers à Cherbourg. Les premières et les secondes classes ont pris place à bord du Nomadic, tandis que les troisièmes classes se partagent le pont du Traffic avec les malles et les centaines de sacs postaux. A peine à l'abri de la digue du large, le Traffic aborde la haute muraille du Titanic. Aussitôt, 22 passagers transmanches débarquent. Puis très vite, les 102 voyageurs de la troisième classe s'engouffrent dans le ventre du monstre. L'équipage se charge alors des bagages et de la Poste. Dès que cette opération se termine, le petit navire s'écarte de son grand frère. Le Nomadic lui succède immédiatement.

 

Là, l'embarquement se révèle différent. Il s'agit d'assister ceux qui ont payé très cher la traversée vers l'Amérique. Il y a là plusieurs personnalités, en quelque sorte l'aristocratie des voyages s'apprête à prendre place à bord du plus luxueux navire de l'époque. On reconnaît, entre autres, Monsieur et Madame John Jacob Astor, propriétaires des hôtels Waldorf Astoria. Ils sont accompagnés par Madame James Joseph Brown, plus connue sous le nom de Molly Brown. Monsieur Benjamin Guggenheim, le roi des aciéries américaines, Madame Drake Cardeza et son fils Thomas qui vont occuper la suite B51, Sir Cosmo Duff Gordon suivi de son épouse, tout ce beau monde franchit la courte passerelle reliant les deux navires.

 

Le prestigieux défilé des premières classes compte 142 personnes. Dès leur arrivée sur le Titanic, ils sont escortés par des stewards vers les plus somptueuses cabines du paquebot.

 

La nuit calme et claire descend peu à peu sur la rade de Cherbourg, il ne reste plus à bord du Nomadic qu'un petit groupe de voyageurs, ce sont les secondes classes. Ils pénètrent à leur tour à l'intérieur de la ville flottante.

 

A 20 heures 10, le transbordeur s'éloigne du géant illuminé. L'escale touche à sa fin. Soudain, la sirène du Titanic déchire le silence à trois reprises, saluant la terre de France qu'il ne reverra jamais.

 

Lentement, le paquebot se tourne vers le large, appareillant vers son tragique destin avec ceux qui ne savent pas encore qu'ils vont être les acteurs du plus grand drame de l'histoire maritime mondiale.

 

La White Star à Cherbourg

Cherbourg devint port de transit par la White Star en 1907.

Celle-ci ne tarda pas à apprécier les avantages de son passage en France. Cela lui offrait la possibilité d'augmenter sa clientèle de manière relativement importante. Avec la mise en service de l'Olympic en 1911, puis celle du Titanic l'année suivante, le nombre des passagers s'embarquant à Cherbourg s'accrut rapidement.

 

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