Guillaume Fouace (1837-1895) Une seule ombre aux tableaux
Le 7 janvier 1895, Guillaume Fouace décède brutalement à Paris.
C'est un peintre reconnu, réputé pour ses natures mortes.
C'est aussi un enfant du pays auquel Cherbourg a donné le coup de pouce du destin.
 Autoportrait |
L'allure de géant débonnaire, la pose décontractée, les accessoires de l'artiste-peintre contrastent avec l'absence de sourire dans la barbe fournie et dans les yeux sombres. Le regard douloureux, les sourcils froncés et le large front plissé dénotent une peine profonde. Guillaume Fouace, 52 ans, vient de perdre sa fille aînée, âgée de 14 ans. C'est le premier grand drame d'une vie jusqu'alors heureuse.
Il naît à Réville en 1837. La condition modeste de ses parents ne l'empêche pas de faire une excellente scolarité, ni d'exprimer très tôt son goût pour le dessin et le modelage. Il aurait pu rester comme son père, petit agriculteur, éleveur-pêcheur, ce qu'il fut de 15 à 30 ans. Mais son talent, insolite dans ce milieu, le fait remarquer : de son instituteur, des filles du châtelain de Réville (elles lui donnent ses premières leçons de dessin, lui offrent ses premières vraies couleurs). Puis, un conseiller municipal de Cherbourg, Mr Bon-François Henry décèle dans ces oeuvres d'amateur de sérieuses promesses. Il convainc la municipalité d'accorder une bourse à ce jeune homme de 30 ans. (Elle l'a déjà fait pour Millet et Fréret).
Guillaume, assoiffé de connaissances et de découvertes, fréquente les musées, galeries et expos, prend des cours dans un atelier réputé, suit des cours du soir. Il est heureusement doté d'une grande puissance de travail et commence à acquérir son indépendance financière en réalisant des portraits, excellents.
Il expose au Salon dès 1870, trois ans après son arrivée à Paris : quel chemin parcouru depuis Réville. Et pourtant, ce grand gaillard aux larges épaules de paysan reste simple modeste et serein. Il revient tous les étés à Réville. A 36 ans, il est encore célibataire ; mais une fois encore, sans chercher, on lui "propose" une jeune fille à son goût, fortunée, dont il n'aurait jamais osé demander la main ! Et ce fut un mariage heureux, comblé par la naissance de 2 filles.
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Une belle vie, non ?
 Déjeuner de carême |
Le bonheur, le succès, l'aisance matérielle ne troublent pas Guillaume : il continue à travailler consciencieusement et reste indépendant des courants artistiques de l'époque.
Sa production est abondante. Ses portraits qui le firent d'abord remarquer sont supplantés par ses natures mortes : elles lui assurent une réputation telle qu'il manque d'être enfermé, contre son gré, dans cette "spécialité".
Ses expositions presque régulières au Salon lui valent des mentions honorables, une médaille d'or, des acheteurs prestigieux (le président de la République Sadi Carnot, la Ville de Paris...), des commandes d'envergure (19 "fresques" pour l'église de Montfarville). La seule ombre à ce brillant tableau fut le choc de la mort de sa fille Béatrix à 14 ans ; mais si elle affecta son caractère enjoué, son rythme de travail resta intact. Elle l'inspira même pour réaliser un superbe gisant de Béatrix, en marbre blanc.
La mort brutale de Guillaume, à 58 ans, l'empêcha de recevoir la Légion d'Honneur qu'on venait de lui attribuer.
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L'oeuvre
 Nature morte aux fruits (pomme et raisin) |
Que dire de son oeuvre abondant (entre 700 et 800 tableaux et quelques statues) qui n'ait déjà été exprimé ?
Tous les commentaires sont élogieux : facture franche et vigoureuse, force et sincérité, maîtrise véritable, talent mûr et épanoui, production de qualité régulière qui révèle un sens aïgu de l'observation... La liste pourrait s'allonger ainsi longtemps.
Le mieux est certainement d'aller ou de retourner voir ces oeuvres pour se faire sa propre opinion, avoir ses propres impressions et sensations. C'est facile sans aller loin.
Colette Delaite
Guide-conférencière
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Liste des oeuvres de Guillaume Fouace disponibles au musée Thomas Henry
 L’espoir du pêcheur (1880) |
- Portrait de Vauban (1867-1868)
- Portrait de Jean Bart (1868)
- Déjeuner de carême
- Femme assise (1880)
- Portrait d'Edouard Buhot (1871)
- Femme au noeud rose (1877)
- Portrait de Monsieur Henry (1870)
- Autoportrait à la palette (1889)
- Autoportrait (1873)
- Bourriche de pensées
- Nature morte aux fruits (pomme et raisin)
- Nature morte au homard et soupière
- Poissons et coquillages
- Portrait de Normande
- Un héron
- Potiron
- Vue de Jersey (1883)
- Nature morte au roquefort (1885)
- Bouquet de Lilas (1883)
- Nature morte au poulet (1876)
- Portrait du docteur Lepetit
- Nature morte au homard
- L’espoir du pêcheur (1880)
- Le lièvre et le chaudron (1886)
- Deux perdreaux morts
- La dernière Fileuse de mon village (1881)
- Le cordonnier de Réville (1880)
- Le panier renversé (1874)
- Le départ pour Jersey (vers 1883)
- Retour de pêche
- Portait de femme
- Grappe de raisin (1889)
- Plage de Réville (1882)
- Portrait d'Emmanuel Ludovic Le Gambier enfant (1882)
- La femme aux fleurs debout (1871)
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|  |  |  |  | Guillaume Fouace
En résumé
Né à Réville le 22 mai 1837, ce peintre est issu, comme Jean-François Millet, d’une famille rurale.
A partir de 1870, il connaît une gloire à Paris en tant que peintre de nature morte.
L’année de sa mort, une exposition qui révélait 235 peintures permettait de découvrir aussi de nombreux portraits, des scènes de genre, des paysages et quelques oeuvres religieuses.
Le musée Thomas Henry possède un très bel ensemble de tableaux de cet artiste du Val-de-Saire notamment un autoportrait.
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 |  | Où voir ses oeuvres ?
> Musée Thomas Henry :
25 oeuvres dont le plâtre du gisant de Béatrix
> Eglise de Montfarville :
19 toiles dites "les fresques"
> Eglise de Réville :
plusieurs tableaux dont "Un baptème à Réville"
> Mairie de Réville :
"La Forge" 1887
> Cimetière de Réville :
gisant de Béatrix (statue de marbre blanc)
> Musée de Saint Lô :
2 natures mortes
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