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Histoire du Jacques Louise

Le "Jacques-Louise" a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques à la liste des objets mobiliers classés, fait singulier pour un bateau, par arrêté en date du 6 décembre 1996.

Sorti des chantiers cherbourgeois de Jean Bellot en 1959, cet ancien chalutier hauturier (pêche au large) à la construction en bois de chêne ornais, a eu 45 ans le 21 juillet 2004.

Sa génération de navires de travail a disparu très rapidement, dans les années 1990, devenue obsolète. Mais l’évolution de la pêche au large, désormais pratiquée par l’arrière et par des unités à coques en acier ou en matériaux composites, lui a conféré un grand intérêt historique, technique et ethnographique.

 

la première vie du "Jacques-Louise"
© Ville de Cherbourg-Octeville


L’épopée du "Jacques-Louise" s’inscrit dans la grande période de la pêche au large, celle de l’après-guerre. Le port de pêche de Cherbourg comptait, à cette époque, plus de quarante chalutiers hauturiers appelés classiques, autrement dit à pêche latérale. Ils étaient équipés de deux potences sur chaque côté, pour supporter les chaluts.

 

Ces bateaux comprenaient un équipage composé de huit ou neufs marins. La durée des sorties mer était,  normalement, de cinq jours en hiver pour dix en été. On pêchait toutes les espèces de fond (trente-cinq au total) à savoir : morues, lieus, raies, encornets, roussettes, etc. La quantité des prises du "Jacques-Louise", en une seule marée, s’échelonnait de deux à… trente-neuf tonnes de poisson. Les chalutiers cherbourgeois partaient, comme aujourd’hui, jusqu’au canal Saint George (Sud-Irlande).

 

"Jacques-Louise" avait été construit par les chantiers bellot à Cherbourg, et lancé en juin 1959 pour servir à la pêche le premier septembre de la même année.

 

Trois années plus tôt, dans une forêt de l’Orne, Jean bellot et Jean Fiant étaient allés choisir et marquer leurs chênes, lesquels, après séchage, formeraient la coque et assureraient la rigidité. Ensuite, la construction avait été entreprise et réalisée par référence à un plan comportant la mention "chalutier en bois".

 

Le premier patron étant de petite taille, la hauteur des plafonds était peu élevée, aussi bien dans la "chambre" du capitaine que dans le gaillard d’avant où tout le monde devait s’employer.

 

la seconde vie du "Jacques-Louise"
© Ville de Cherbourg-Octeville


Conçu pour la pêche latérale, le "Jacques-Louise" a été désarmé en 1991, ce type de métier étant devenu obsolète.

 

Après épuisement du gazole qui se trouvait dans les cuves, et sans doute par hasard, le moteur s’est arrêté de tourner le 22 novembre 1995, soit le jour précédant sa cession par la CAPAM (Coopérative d’Armement des Pêcheurs Artisans de la Manche) pour le franc symbolique.

 

Le dernier chalutier en bois et ancien ruban bleu, aujourd’hui conservé dans le bassin du port de pêche de Cherbourg, restera à flot pour témoigner d’un passé maritime proche et pourtant révolu. Lors d’une visite en 1997, Raymond Latté, technicien-conseil pour le patrimoine maritime et fluvial auprès du Ministère de la Culture, a déclaré qu’il était très rare de chercher à sauvegarder et à maintenir à flot une unité de cette taille.

 

Le bateau est conservé par l’association "les Amis du Jacques-Louise", dont le Président a pris l’initiative de sa demande de protection au titre des Monuments historiques.

 

Equipé d’une passerelle d’accès unique en son genre, n’altérant pas son architecture, le "Jacques-Louise" est ouvert au grand public depuis le début de mois d’août 2004.

 

© Bernard DEQUILBEC
Président de l’association "Les Amis du Jacques-Louise"

 

Le "Jacques-Louise" est ouvert au public au printemps, en été et à l’occasion des Journées du Patrimoine (troisième week-end de septembre).

Les heures d’ouvertures varient selon les saisons et les travaux liés à l’entretien.

© Ville de Cherbourg-Octeville
Caractéristiques techniques

Numéro de coque : CH 273827

Année de construction : 1959

Longueur de signalement : 23,30 mètres

Largeur : 6,72 mètres

Jauge : 111,60 tonnes

Tirant d’eau : 3,20 mètres

Appareil propulsif : moteur Baudouin diesel

Puissance : 600 CV

 
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